La guerre de mines dans la Meuse et ses extérieurs

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Depuis 1996, des recherches portant sur la guerre de mines sont menées dans la partie orientale du massif de l’Argonne. Les prospections pédestres et aériennes ont permis de dresser un état des lieux des polémoformes et endoformes fossilisées sous couvert forestier liées à la lutte souterraine. Cet état des lieux a notamment été utilisé à l’occasion de la révision du plan d’aménagement des forêts domaniales de Haute-Chevauchée et de Lachalade en 2006 et du classement du site de la Haute-Chevauchée en 2018.

Dans un premier temps, les recherches se sont focalisées sur les vestiges souterrains considérés comme les traces les plus emblématiques et représentatives du combat mené en profondeur par le mineur français et allemand. Ainsi, chaque système de mine a été clairement identifié et soigneusement topographié depuis les travaux primitifs en sape russe creusés à fleur de sol jusqu’aux galeries les plus profondes en plan incliné construites pour certaines à l’aide de techniques issues de l’industrie minière.

Cependant, l’intensification de l’exploitation forestière a réorienté les prospections pour les amener à s’intéresser aux vestiges de surface les plus vulnérables aux travaux sylvicoles. Celles-ci, confrontées à l’imagerie LiDAR, ont révélé un corpus riche et varié de formes et de structures diverses associées à la vie et au travail du mineur : camp de repos, ateliers de forge ou de menuiserie pour la fabrication et la réparation de l’outillage, espaces dédiés à la machinerie, au stockage des matériaux, à la logistique (plateforme de voie étroite ou de funiculaire) ou encore à l’entrainement des hommes (cercle de frappe pour exercer les sapeurs à l’écoute des bruits souterrains).

Depuis quelques années, le périmètre d’investigation a été élargi au département de la Meuse et ses extérieurs afin de mettre en perspective les techniques de creusement utilisées dans des secteurs au faciès géologiques variés avec la diversité architecturale des systèmes miniers explorés.

Légende illustration :
Poste d’écoute à trois branches en avant de la première ligne française du saillant des Meurissons (Argonne) révélé à l’occasion de prospections aériennes.


(Cliché G. Jacquinet, avril 2006)


Légende illustration :
Porte blindée escamotable à l’entrée de la branche gauche de la galerie française Z (Argonne).
En cas d’intrusion du mineur ennemi dans la galerie, celle-ci était fermée. Un tireur couché pouvait tirer sur l’assaillant à travers l’ouverture au ras du sol tandis qu’un autre défenseur pouvait envoyer des grenades VB au moyen d’un tromblon par l’ouverture supérieure (fermée par un volet).


(Cliché G. Jacquinet, juillet 2014)


Légende illustration :
A 220 mètres de son entrée dans le ravin des Courtes-Chausses (Argonne), la branche principale de la galerie Z (à droite) qui conduisait à la chambre de mine du fourneau a été obstruée volontairement après la mise du feu à la charge de 50 tonnes le 4 mai 1917.
Une nouvelle branche (Z.M2) a été construite pour contourner la zone de l’explosion. Les rails en bois pour le transport des déblais y demeurent toujours en place.

(Cliché G. Jacquinet, juillet 2014)


Légende illustration :
« Moulinette » dans la galerie française F25 pour remonter les sacs remplis de gravats (Argonne).

(Cliché G. Jacquinet, juin 2011)


Légende illustration :

galerie allemande
Stollen 28
creusée dans la gaize argonnaise
.
(Cliché G. Jacquinet, juin 2008)


Légende illustration :


Chambre d’écoute à l’extrémité d’un rameau de combat français en Argonne dans laquelle ont été découverts plusieurs outils aux manches recoupés ainsi qu’un appareil d’écoute (sismomicrophone TM).

(Cliché G . Jacquinet, juin 1997)


Légende illustration :

Vue aérienne de la cote 285 réalisée le 16 aout 1917.
Les entonnoirs des mines allemandes du 22 février, 9 mars, et 26 juillet 1917 (à l’ouest immédiat de la hauteur) demeurent parmi les plus importants et spéculaires par leur taille du secteur de l’Argonne
(Coll. G. Jacquinet)


Légende illustration :

La crête de la Fille-Morte (Argonne) au lendemain de la tempête de 1999. Au premier plan, l’entonnoir de la mine française du 4 mai 1917.

(Cliché G. Jacquinet, juin 2000).


Légende illustration :

Gaine d’aérage dans la galerie française
B creusée dans le calcaire en Forêt d’Apremont.

(Cliché D. Jolibois, décembre 2023)


Légende illustration :

Conduite métallique pour les eaux d’exhaure dans la galerie allemande Stollen 17 au Bois-le-Prêtre

(Cliché G. Jacquinet, mai 2019)


Légende illustration :

Rameau détruit par un fourneau allemand à l’extrémité de la galerie française F28 (Argonne).

(Cliché G. Jacquinet, juin 1999)

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