Bibliotèque

Afin d’enrichir les données déjà présentées sur les divers sites étudiés, nous avons choisi de proposer ici une sélection de références utiles.
Ces ouvrages, anciens comme récents, offrent un éclairage complémentaire. Ils permettent d’approfondir certains points abordés dans nos recherches. La liste présentée constitue une base documentaire accessible à tous. On y trouvera aussi bien des témoignages que des analyses historiques.
Certains livres donnent un contexte général, d’autres un regard spécialisé. Cette rubrique a donc pour but d’élargir la compréhension des sujets.
Elle s’adresse à ceux qui souhaitent aller plus loin que la simple visite.
Sources : Gérald COLIN et Denis JOLIBOIS
1- Pour allez plus loin sur le saillant de Saint-Mihiel

Un guerrier d’occasion
– Gilles Laurendon – Éditions Ouest France – 2012
Pendant quatre ans le soldat Pierre Perrin va rédiger des lettres, effectuer des dessins qui sont désormais autant de témoignages poignants et lucides de ce que pouvait vivre et supporter un fantassin projeté dans l’enfer de ce conflit. Ce livre est un document exceptionnel qui nous propulse dans les combats de la forêt d’Apremont, de la bataille de Verdun, de la Marne… A travers ce témoignage le lecteur constate également l’évolution des méthodes de combat pendant les quatre années de conflit auquel l’auteur participe du premier au dernier jour.

Le Génie de mon grand-père
– Michèle Olivier-Poletti – Presses du Midi – 2014
Rassemblée par sa petite-fille, ce livre compile la correspondance à sa famille du capitaine Orcel. Celui-ci dirigeait la compagnie 8/4 du Génie en position sur la « Tête à vache ». Il décrit à sa famille les travaux menés sur le secteur au milieu des échanges familiaux. Un livre dense qui a le mérite de donner des informations rares, précises et vivantes sur l’organisation du secteur.

L’HUMANISTE A LA GUERRE
Hauts de Meuse 1915 – Paul Cazin – Plon-Nourrit – 1920
« …Tête à vache, 3 juin
On monte ici par des pentes abruptes, bousculant les blessés qui descendent en courant… En avant ! montez, montez !
Et quand on arrive sur ces positions bouleversées, sur ce chantier de la Mort, sur cette houle fumante de terre chaude où d’énormes troncs d’arbres plongent comme des mâts brisés…. »
Paul Cazin a déjà 35 ans lorsque la guerre éclate. Il part pour le front le 9 mars 1915 et rejoint le 29e RI dans la forêt d’ Apremont où il livre de durs combats. Il publie ses souvenirs en 1920, sous le titre de
« L’Humaniste à la guerre ». Jean Norton Cru attribue à ce témoignage de combattant une valeur qui le fait figurer dans la catégorie n° 1.

La Guerre aux portes de Saint-Mihiel
– Nicolas Czubak – Éditions YSEC – 2016
Sur le secteur de Saint-Mihiel, Nicolas Czubak retrace la guerre depuis l’arrivée des troupes à Saint-Mihiel jusqu’en 1916. De nombreux témoignages et photographies viennent appuyer le récit historique de ce secteur, Fort du camp des Romains, des Paroches, de Liouville, mais aussi de la forêt d’Apremont (Bois d’Ailly, Bois Brûlé, Vaux-Fery…)

L’œuvre des soldats sculpteurs allemands autour du saillant de Saint-Mihiel
– Denis Mellinger – 2017 Après de nombreuses années à arpenter le terrain, Denis Mellinger sculpteur et restaurateur du patri- moine, passionné par l’histoire du secteur de Saint-Mihiel, nous présente dans ce livre les témoins de pierre et de béton du premier conflit ainsi que la méthode et les outils employés par ces combattants sculpteurs.

Un pèlerinage en forêt d’Apremont
– Jacques Péricard – Éditions de l’Amicale du 95e
1920
Jacques Péricard, affecté au 95e Régiment d’Infanterie, participe en 1914-1915 aux
meurtriers combats en forêt d’Apremont. En avril 1915, lors d’un assaut allemand, il y pro- noncera la célèbre phrase « Debout les morts ». A la fin de la guerre, il se rend sur les lieux
où il a combattu témoignant ,des heures vécues et de son ressenti sur ces lieux redevenus calme, où la nature et la vie finissent par reprendre leurs droits.
2- Pour allez plus loin…Entre SPADA et HERMEVILLE

Leur sang et leur gloire
– Colonel Jean François Nicloux – L’àpart éditions 2011
En garnison à Saint-Mihiel, le 29e bataillon de chasseurs à pied fut l’une des premières unités envoyées sur la frontière, à l’occasion de la mobilisation d’août 1914.
A compter de cette période de « couverture » face à l’Allemagne, il fut de tous les combats, payant un lourd tribut à l’arrêt de l’invasion. Cet ouvrage nous propose une plongée dans l’existence des chasseurs du 29e. A la suite du 29e BCP, le lecteur découvre les premières batailles d’août 1914 dans le Pays Haut et la terrible retraite qui s’ensuit, les combats d’arrêt sanglants autour de la ferme de la Vaux-Marie, la lutte sur le saillant de Saint-Mihiel et les combats autour de Spada, les tranchées du bois de la Selouse et les cratères
de mines de la crête des Eparges…

De Nancy au Camp des Romains
– Général Ludwig Von Gebsattel – A.N.S.M 2015
Dans le 6e tome de leur ouvrage « Batailles de la Guerre mondiale », intitulé « De Nancy au Camp des Romains », les archives nationales allemandes font également le récit des combats menant à la prise du fort le 25 septembre 1914. Ce tome est écrit par le baron Ludwig Von Gebsattel, général en charge du 3e Corps d’Armée bavarois de 1914 à 1917. Ce C.A. est l’acteur principal des combats sur les Hauts de Meuse menant à la prise de Saint-Mihiel et du fort du Camp des Romains en septembre 1914. Cette mission est facilitée par le fait que les 10e et 13e régiments bavarois ont réussi, à la suite des combats lourds à Spada et Lamorville, à occuper également la cote 331 (Côte Sainte-Marie). Il restera sur place jusqu’en 1916 et défendra sa position dans le Saillant de Saint-Mihiel contre les nombreuses tentatives de reprise par les Français..

Un ethnologue dans les tranchées
(août 1914-avril 1915). Lettres de Robert Hertz à sa femme Alice – Paris – CNRS éditions 2002
Dans ses lettres, Robert Hertz, sergent au 330e Régiment d’Infanterie (17e Cie), s’étend régulièrement sur le quotidien de la vie dans les tranchées, en ayant le souci, commun dans ce type d’écrits combattants, de ne pas engendrer trop d’anxiété pour les proches.
Il y décrit les activités diverses auxquelles lui est ses hommes sont affectés (terrassements et travaux divers notamment), ainsi que les repas, nuits en plein air, marches… qui constituent l’essentiel de cette vie de sentinelles d’un pays en guerre.
« Après deux jours et deux nuits de repos passés au village, j’ai regagné le bois où nous sommes aux avant-postes (…) je suis sous une hutte construite avec des fagots de bois (…) une mince couche de paille à moitié pourrie constitue notre literie. Mais ce qui fait le charme de notre demeure, c’est un petit feu que nous sommes autorisés à entretenir à l’intérieur parce que nous sommes bien en arrière de la lisière du bois.»

Le tombeau de Marcel Drouet
– Paris – Le divan – 1923
Lors de son service militaire, Drouet est affecté au 147e Régiment d’Infanterie. Il obtient le grade de caporal en 1910, puis celui de sergent en 1911. Il passa au 165e RI en 1913, et est rappelé dès les premiers jours de mobilisation en 1914. Il combat notamment à Verdun près d’Hermèville, à la bataille de la Marne, aux Eparges et dans la Meuse, où il est tué à l’ennemi au combat aux avant-postes du bois de Consenvoye.
Son carnet de route et ses écrits de guerre furent publiés en 1923, par les soins de Ducroq, sous le titre Le Tombeau de Marcel Drouet.
«…7 octobre, 7 h. matin.
…nous sommes rentrés coucher à Braquis, joli et large village dont la grand’place est remarquable par son aération. Des bonnes gens qui depuis dix jours voient des pa- trouilles prussiennes et ont leurs communications coupées, nous accueillent avec joie…»

Du fond des tranchées
– Alexandre Louis Jacqueau – Les éditions Blanche du Peuterey 2023
Depuis sa mobilisation le 3 août 1914, jusqu’à sa mort le 4 juillet 1915, le Lieutenant Alexandre-Louis Jacqueau va écrire presque tous les jours une lettre à son épouse depuis son poste au fond des tranchées.
Il appartient à une compagnie de « Territoriaux » ( 15e RIT jusqu’au 9 février 1915 puis 362e RI ), c’est à dire de réservistes rappelés, des « anciens » en théorie éloignés du front. En réalité, il est affecté près de Verdun, et il va régulièrement être en première ligne, notamment dans le secteur d’Herméville. L’ouvrage décrit les conditions de vie, les faits de guerre, l’ambiance dans la société.
« 13 janvier 1915…Arrivés à 4 km des avant-postes, nous sommes obligés de quitter la route, celle-ci est balayée par les obus, les Boches ont dû être prévenus de la relève et veulent nous gêner. Nous entrons alors dans la terre labourée, et quelle terre !.. Arrivés à H… devant E…les avant-postes se trouvent à 1500 m, et quel cloaque pour y arriver. Là, malgré la pluie, nous nous installons en accrochant quelques toiles de tente sur les arbres et nous attendons le jour tout trempés, tout grelottants, les pieds dans la boue jusqu’à mi-jambe. »

Ma Grande Guerre
– Gaston Lavy – éditions Larousse 2004
« Acteur infime de la grande tragédie, c’est sans esprit de littérature que j’ai couché sur ces pages mes modestes souvenirs. Heures cruelles, longuement vécues, vite oubliées, rarement bonnes, toujours dures, souvent tragiques, nul, s’il ne les a subies ne peut en comprendre toute l’horreur. Effort stérile pour vous qui en supportons toutes les charges, puissent nos descendants en récolter le fruit dans la mesure de ce que nous aurons souffert.».
Gaston Lavy est mobilisé en août 1914 au 20e RIT de Lisieux. Il est amené à combattre dans le secteur d’Herméville.
Son témoignage, « Un de la territoriale », construit sous la forme d’un journal, fournit jour après jour une multitude de détails sur la vie quotidienne au front des régiments territoriaux. Rédigés à compter de 1920, ils se présentent sous la forme d’un manuscrit, très largement illustré, à la manière des enluminures médiévales : au récit répond en permanence le dessin.

L’Allée des Canonniers Marins
(les canonniers marins en Meuse d’octobre 1914 à novembre 1918) – Alain Meignier – Auto-édition 2012
De l’Argonne au saillant de Saint-Mihiel, Alain Meignier consacre son ouvrage à la présence des batteries du 1er Régiment de Canonniers Marins français sur les terres meusiennes pour la période d’octobre 1914 à novembre 1918. Dans le but de pallier au manque d’artillerie française à longue portée, ces Marins ont effectué le service des pièces de marine de différents calibres sur un front s’étendant de l’Argonne à Saint-Mihiel avec comme point d’orgue le secteur de Verdun.
L’auteur nous retrace les motifs et la mise en œuvre des premiers déploiements terrestres des pièces de marine. Il nous livre également un descriptif historique des batteries engagées sur les secteurs de Verdun et du Saillant de Saint-Mihiel sur la plus grande partie de la guerre.
3- Pour allez plus loin…De VERDUN aux VOSGES

Carnet d’un fantassin
– Delvert Charles– Dacres Éditions –Collection du Mémorial de Verdun, 2017 (réédition )
Charles Delvert, normalien et officier de réserve, est capitaine au 101e RI pendant la bataille de Verdun. Il consigne ses impressions, observations et souvenirs pendant « sa » guerre qui se déroule au bois Fumin, à R1, au ravin de Vaux, au bois de La Caillette.
Dans son ouvrage Témoins, Jean Norton Cru attribue à Histoire d’une compagnie : Main de Massiges, Verdun. Novembre 1915-juin 1916. Journal de marche, une valeur de témoignage de combattant qui lui vaut de figurer dans la catégorie n° 1 qualifiée d’excellente.
De son expérience au combat, il a écrit deux ouvrages, Histoire d’une compagnie, paru en 1918, et Carnets d’un fantassin, publié en 1935.

Récits de guerre 1914-1918
– Darchy Romain – Paris, Bernard Giovanangeli éditeur, 2012
Les récits militaires de Romain Darchy, écrits au début des années vingt, sont l’un des plus beaux témoignages sur les combats autour de Verdun, notamment des combats autour du Fort de Vaux.
Simple fantassin de dix-neuf ans en 1915 dans un secteur de Picardie, agent de liaison l’année suivante dans la fournaise de Verdun, officier de contact à la cote 304, puis pendant la seconde bataille de la Marne, Darchy a connu les coups de main, l’ensevelissement dans un abri effondré, la blessure grave, le sacrifice des premières lignes et la captivité.

Pour La FRANCE .
Carnet de Route d’un fantassin – Joubaire Alfred – Perrin et Cie, Libraires Editeurs, 1917
Le sous-lieutenant Alfred Joubaire est mort le 2 juin 1916 à Vaux-devant-Damloup (Meuse), à l’âge de 21 ans.
Depuis août 1914, ce jeune Lavallois, qui appartenait au 124e régiment d’infanterie, a tenu un carnet au quotidien qui fourmille de détails sur la vie des soldats au Front.
Alfred Joubaire décrit les combats de façon très précise et factuelle puisqu’il s’agissait d’un carnet de route qui n’était pas destiné à être publié à l’origine.

Avec les Honneurs de la Guerre.
Souvenirs du fort de Vaux – Roy Paul-André– Grasset, 1938
« Au moment où nous sortons par la brèche ouverte dans le coffre double, il fait grand jour ; la vive clarté qui nous accueille et que depuis dix-sept jours je n’ai pas vue, dont nous sommes déshabitués, nous éblouit, nous émerveille. On aspire la fraîcheur du matin, on savoure en soi la joie de vivre qui nous est à présent rendue ».
L’officier du Génie Paul André Roy rejoint le fort de Vaux dans la nuit du 22 au 23 mai 1916. Dès lors, il devient un témoin privilégié des événements de juin 1916.
De retour de captivité, il publie ses souvenirs en 1936. Participant activement aux événements de début juin 1916, Roy nous livre un état des lieux du fort, mais aussi beaucoup de précisions sur les combats qui s’y déroulent.
Moins connu que le livre du Commandant Raynal, ce livre nous apporte un éclairage différent.

Le drame du fort de Vaux
journal du commandant Raynal – Raynal Sylvain Eugène (Colonel) – Verdun, Éditions lorraines Frémont, 1919 réédition en 1949 par les éditions Albin Michel, Paris
« Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses ; il y a urgence à nous dégager.
Faites-vous donner de suite communication optique par Souville qui ne répond pas à nos appels. C’est mon dernier pigeon. Raynal.»
Raynal, officier français plusieurs fois blessé au début du conflit, est encore convalescent en février 1916 mais se porte volontaire pour servir à Verdun. L’État-major lui attribue le commandement du fort de Vaux. Le 24 mai 1916, lorsque le commandant Raynal pénètre dans le fort, il est loin de s’imaginer qu’il va entrer dans l’Histoire.
Sous sa direction, la garnison va opposer une farouche et héroïque résistance. À l’intérieur du fort, les combats sont d’une rare violence.
Le 7 juin 1916 au matin, les hommes sont allés jusqu’au bout d’eux même, la garnison capitule.
De retour de captivité, il publie son journal sur les événements de 1916.

Le fusil et le pinceau.
Souvenirs du poilu René Prud’homme, 124e RI – Éditions Sutton, 2007
« Je livre mes souvenirs tels qu’ils sont, sans prétention littéraire. J’espère simplement mieux faire connaître quelque chose d’ignoble pour que ceux qui seraient démangés d’en avoir de pareils en soient complètement guéris à l’avance. Pendant toute la campagne, j’ai été péniblement surpris de découvrir la méchanceté humaine que j’ignorais. Il y avait la guerre, je dirais normale et, pour nous, la petite guerre interne, hideuse, plus répugnante que celle des boches. C’est un révolutionnaire, disait le capitaine-marquis. Oui, c’est vrai ! Je me suis révolté dès le début de voir faire tuer des hommes pour rien. Je me révoltais et je me révolterai jusqu’à ma mort pour mes nombreux camarades qui sont morts pour rien alors qu’ils n’avaient pas marchandé leur peau pour sauver la patrie ! »
Ainsi parle avec humilité le sergent René Prud’homme qui nous livre, dans ses souvenirs de Poilu, une vision de la guerre où l’émotion côtoie la cruauté de certains faits quotidiens. Son journal offre d’autant plus d’intérêt que, dessinateur de talent, il l’a illustré d’une très belle série d’aquarelles et de dessins à la plume.
En outre, André Ligné, en présentant et en annotant ce récit, a habilement choisi de le confronter avec la sécheresse des comptes rendus du Journal des marches et des opérations de son régiment, le 124e RI, qui a combattu en plein cœur de la boucherie : Virton, Andechy, Verdun. Enfin, ces éléments sont complétés par des photographies prises sur le front par un autre combattant, Maurice Normand, affecté au 117e RI, régiment qui a combattu aux côtés du 124e RI.

Le Linge, un massif alsacien dans la Grande Guerre
– Hensel Florian – Vademecum, 2018
Cet ouvrage aborde les combats pour le collet du Linge en Alsace surnommé « le tombeau des chasseurs » du fait des combats violents qui s’y déroulent du 20 juillet au 16 octobre 1915.
L’ouvrage dispose d’une iconographie riche et d’une approche actuelle qui lui permet d’illustrer clairement les événements marquant de cette bataille, mais aussi les étapes postérieures de gestion du site qui en ont fait aujourd’hui un « haut lieu » de la Première Guerre mondiale à visiter impérativement lorsqu’on séjourne à proximité.
4- Pour allez plus loin…De l’ARGONNE à la WOEVRE

Les Cigales dans la mêlée
– Charles Terrin – A. Gomès Éditeur 1924
L’ordre de mobilisation survient alors qu’il est sous-lieutenant au 40e RI à Nîmes, mais c’est avec le régiment de réserve, le 240e RI, qu’il rejoint le front le 21 août aux alentours de Verdun (région d’ Étain) et est blessé trois semaines plus tard.
Dans cet ouvrage, le jeune officier s’applique à raconter au jour le jour, les événements, le départ du 40e RI, celui du 240e RI, l’arrivée au front, les premiers combats notamment les journées des 24 et 25 août 1914, la retraite, la bataille de la Marne.
L’édition originale est difficilement trouvable mais elle a été réédité par les éditions Lacour-Ollé en 2012.

Étain-Buzy Première victoire devant Verdun (24 et 25 août 1914)
– Nicolas Czubak – Ysec 2013
Les 24 et 25 août 1914, dans le contexte de la retraite après le choc de la bataille des frontières du 22 août, l’éphémère armée de Lorraine, commandée par le général Maunoury, monte en ligne le long de l’Orne,
entre Étain et Conflans, afin d’enrouler l’aile gauche de la 5. Armee allemande dont le chef honorifique n’est autre que le Kronprinz impérial.
L’armée allemande, confiante dans le succès à venir, a négligé la présence des divisions françaises qui stationnent au pied des Hauts de Meuse.
Entre Verdun et Metz, troupes de réserve et unités de ces deux places fortes s’affrontent dans un sanglant combat qui constitue un terrible baptême du feu pour la très grande majorité des soldats. Lors de ces journées tragiques, des civils dont les villages se retrouvent sur la ligne de feu sont victimes d’exactions
: ainsi dans le village de Rouvres, quarante-sept habitants sont massacrés par les troupes allemandes et la bourgade est incendiée.
Dans cet ouvrage, Nicolas Czubak revient en détail sur cette bataille méconnue, première victoire française de la guerre avec celle de Rozelieures au sud de Nancy, au moment où le pays était au bord du gouffre.1916

Dans les champs de Meuse, souvenirs d’un commandant de batterie 1914
– Capitaine de Mazenod – Plon Nourrit 1921
Sorti de Saint-Cyr, Pierre de Mazenod a été lieutenant au 150e RI à Saint-Mihiel. Puis il quitta l’infanterie pour entrer dans l’artillerie. Au Mans, avant la guerre, il a été le lieutenant de Paul Lintier au 44e d’artillerie. Le capitaine de Mazenod a publié deux volumes de souvenirs de guerre : Dans les champs de Meuse (1921) et Les étapes du sacrifice (1922). Un récit de 550 pages de sa longue campagne de 37 mois comme
commandant de la 29e batterie du 44e.
La lecture de ses souvenirs est intéressante, la régularité des notations en fait une histoire continue. Les 34 pages sur Verdun fin juin 1916 sont parmi les plus poignantes que l’on ait écrites sur ce secteur et se détachent du reste par leur vigueur.

Les champs de bataille de la Grande guerre
Tome 1er : La 3e Armée du 22 Août au 10 Septembre 1914 – MARCHAL
Colonel – Éditions lorraines, H. Frémont Verdun (sans date, vers 1966)
Le but cet ouvrage est de faciliter l’étude de la Grande Guerre, et la visite de ses champs de bataille. L’auteur a cherché surtout à préciser, d’une façon claire et succincte, pour chaque journée de bataille, le rôle de chaque grande unité, tant allemande que française, en indiquant la situation de départ, la mission, les mouvements exécutés, la situation finale.
Ont été indiqués pour chaque action les sites intéressants à visiter.

L’infanterie attaque – Le Renard du désert dans la Forêt d’Argonne
– Erwin Rommel – Réédition et traduction par Philippe Lunard, 1998
Le titre initial écrit en 1937 par le futur Maréchal du Reich Erwin Rommel en langue allemande en est : « Infanterie greift an : Erfahrungen und Erlebnisse »
Voici le texte du 4e de couverture :
Erwin Rommel, un homme au destin exceptionnel. Nommé durant la Seconde Guerre mondiale Maréchal du Reich à la suite de victoires en Afrique qui lui valurent le surnom de « Renard du désert », il n’en connut pas moins une fin tragique en octobre 1944.
Mais si cet aspect du personnage est bien connu, nous découvrons ici qu’il fut d’abord un jeune homme hardi et résolu, sous-lieutenant au 124e régiment d’infanterie wurtembourgeois, avec lequel il partit pour la guerre en août 1914.
Après avoir traversé la Belgique, il se fait rapidement remarquer de sa hiérarchie pour sa bravoure au combat et ses techniques d’attaque, basées sur la surprise, qui sèment la pagaille dans les lignes françaises.
Toujours volontaire pour les missions dangereuses, il reçoit la Croix de Fer, la plus haute distinction militaire de l’Empire allemand, à seulement 23 ans. En janvier 1915, le jeune Rommel arrive en Argonne avec sa compagnie, dans le secteur de la vallée Moreau, un lieu où là encore, il va rapidement s’illustrer.
Ce livre propose au public la première partie des souvenirs d’Erwin Rommel, celle qui va de la mobilisation à la fin des combats d’Argonne en octobre 1915. On y découvre le caractère peu commun d’un homme aussi soucieux de la vie de ses soldats qu’il était peu ménager de la sienne, même si la rédaction de cet ouvrage visait avant tout à le présenter sous le meilleur jour…

Le 91e régiment d’infanterie de Mézières :
journal de marche, 1er août 1914-31 juillet 1915 – Dr Chagnaud – Société des écrivains Ardennais 1959
D’abord aide-major au 91e, puis chef de service au 152, heureux de servir comme médecin dans deux régiments aussi réputés, l’auteur a eu la chance exceptionnelle de partir en couverture dès le 1er août 1914 et partager le sort des uns puis des autres, traverser toute la guerre jusqu’à l’armistice sans une seule journée d’indisponibilité.
Il existe au-dessus de Vienne-le-Château, au carrefour des Quatre-Pavillons, un cimetière où reposent 11 000 morts, dont 5 000 inconnus. L’auteur a été témoin du sacrifice des premiers qui furent couchés là. Si ce n’était donner trop de prix à une forme humaine, si ce n’était surtout usurper une place à laquelle l’auteur n’a aucun droit, il aurait souhaité, le moment venu, s’endormir pour toujours dans la terre d’Argonne.
En sa qualité d’officier de réserve, l’auteur avait sollicité du Ministère, dès le printemps 1939, l’autorisation de publier ce livre. Refus lui fut notifié en avril 1940 par l’officier censeur, un colonel anonyme : trop vrai pour être dit…

Kléber – Henri Courtade
– Réédition spéciale « Promotion Kléber Saint-Cyr 2019-2020 » Lucane éditions 2019
La promotion 2019-2020 de la prestigieuse École spéciale militaire de Saint-Cyr sera baptisée du nom Capitaine Kléber Dupuy, lors d’une cérémonie le 6 décembre 2019 à Coëtquidan.
Fils d’ostréiculteur, l’instituteur du Teich Kléber Dupuy avait 24 ans le 11 juillet 1916 quand il a tenu le Fort de Souville, avec 60 survivants de son 7e régiment d’infanterie. Au lieu de se replier comme le lui intimaient les gradés, il est resté face aux assauts allemands. Le 12 juillet au soir, l’armée ennemie reculait…
Longtemps oublié, le destin hors normes de l’instituteur de La Teste-de-Buch Kléber Dupuy a été mis en lumière grâce au travail de son neveu, Jean-Louis Dupuy, 94 ans, lui aussi Testerin, qui a entre 2012 et 2018 alimenté un blog de précieux documents sur son oncle.
5- Pour allez plus loin…Du BORRIESWALDE au FROIDMONT

Revue archéologique de l’Ouest (RAO)
Supplément n° 13. Archéologie des conflits contemporains : méthodes, apports et enjeux d’une archéologie en construction : actes des colloques de Verdun à Caen (2018-2019) – Presses universitaires de Rennes – 2024
Depuis une vingtaine d’années, l’archéologie des conflits contemporains, nouveau champ de l’archéologie française, a connu un développement actif. Les questions que se posent les archéologues sont nombreuses. Jusqu’à présent les ils tentaient de combler l’absence de documents par leurs recherches. Dans le cas des deux conflits la documentation est riche, les sites nombreux et les objets courants. Comment aborder ces sites ? Quel besoin de conserver les objets retrouvés, qui sont généralement de l’ordre de l’industriel ?
L’objectif de l’ouvrage est de proposer un premier bilan sur ces nouvelles méthodes en abordant les questions de valorisation et de gestion des vestiges, mais aussi de faire le point sur les acquis de la recherche et les problématiques que soulève cette nouvelle archéologie. On y trouve de très nombreux articles sur l’Argonne, Verdun, la Woëvre et bien évidemment le Borrieswalde.

Le 122e régiment wurtembergeois d’infanterie de Landwehr dans la guerre mondiale 1914-1918
(traduction de Jean-Claude Laparra)– Éditions Culture & Loisirs – 1996
Cet ouvrage est la traduction partielle de l’historique du 122e régiment wurtembergeois d’infanterie de Landwehr. Sous le titre Das Württembergische Landw.-Inf.-Regiment Nr. 122 im Weltkrieg 1914-1918, cet historique diffusé en 1923 est l’œuvre du Recteur Kling ancien sous-officier puis officier dans cette unité. Le texte concerne uniquement la période 1916-1918 lorsque l’unité opère sur la rive gauche de la Meuse. Elle est en ligne dans le secteur des bois de Cheppy, d’Avocourt et de Malancourt (1916-1917). Le régiment combat donc sur le même secteur que le Reserve-Jäger-Bataillon Nr. 6. Le LIR 122 est ensuite déplacé dans l’Argonne (1917-1918), puis dans la partie orientale de la Champagne et de nouveau dans l’Argonne (1918) lors des derniers combats contre les Américains. L’ouvrage comporte de nombreux renseignements sur l’organisation des positions dans le secteur du « bois de Cheppy », rarement abordé, et le quotidien d’une unité de Landwehr soumise aux chocs des différentes offensives alliées qui suivent
la bataille de Verdun.

La barrière de fer
– l’architecture des forts du général Séré de Rivières, 1872-1914 – Philippe Truttmann – Éditions Gérard Klopp – 2000 (réédition 2023)
Plus de 400 ouvrages réalisés sous les ordres du général Séré de Rivières à partir de 1874 couvrent les frontières. Les premières générations de fortifications en pierres et en terre y sont remplacées ou rénovées par du béton après la « crise de l’obus-torpille ». L’ouvrage (abondamment illustré) présente l’ensemble des bâtiments fortifiés construits ou rénovés. Il décrit les techniques mises en œuvre, notamment le béton, et les caractéristiques de ces lieux : flanquement, poternes, pont-mobiles, abris, cuirassements… Il s’agit d’un ouvrage de référence sur la fortification « Séré ». Seul défaut de ce beau livre de 544 pages : son prix…

Verdun, les forts de la Victoire
– Guy Le Hallé – Citedis -1998
L’ouvrage utilise abondamment les archives militaires de Vincennes afin de livrer un tableau très complet du système de fortification qui entoure Verdun. Le livre date quelque peu et se limite à la description des installations et des équipements. Il reste cependant une base pour appréhender le dispositif qui entoure Verdun en ne se limitant pas aux seuls forts et ouvrages fortifiés. Il évoque ainsi les batteries et autres dispositifs de défense grâce à un nombre conséquent de croquis.

Verdun 1916 Secrets d’une place forte
– Jean-Luc Kaluzko, Frédéric Radet – YSEC – 2006
Constitué essentiellement de photographies et de quelques schémas, cet ouvrage constitue un bel inventaire photographique des vestiges actuels des fortifications autour de Verdun et des traces laissées par leur utilisation pendant la guerre. Les participants aux sorties y retrouveront quelques vestiges déjà visités, et certains feront l’objet de visite ultérieure… Ce livre complète agréablement les ouvrages précédents consacrés aux fortification « Séré de Rivières » autour de Verdun. Cet ouvrage était Initialement vendu avec un CD qui contenait 1800 photographies.

De l’oppidum à l’enfouissement
: l’art de la fortification à Verdun et sur les marches de l’Est – Ouvrage collectif – Fleury-devant-Douaumont : Mémorial de Verdun – 1996
Cet ouvrage réunit les actes du colloque organisé à Verdun du 19 au 21 mai 1996 portant sur les fortifications de Verdun de l’Antiquité à la Grande Guerre. « L’éperon-barré » qui surplombe la ville présente en effet très tôt un intérêt militaire avec la construction d’un oppidum ou d’un castrum. Le livre aborde ensuite l’évolution de la place forte de Verdun depuis Vauban puis se concentre sur le rôle de la citadelle de Verdun et des ouvrages qui l’entourent pendant la Grande Guerre mais aussi sur l’intérêt défensif de la forêt.

L’œil et la plume
Carnets du Docteur Léon Lecerf, médecin et photographe durant la grande Guerre – Léon Lecerf – L’Harmattan – 2006
Il y a quatre-vingt-dix ans, le Dr Léon Lecerf, jeune médecin généraliste, père de trois enfants, partait rejoindre son affectation au sein de l’ambulance n° 9 de la troisième armée engagée sur le front de la Meuse. Il parcourt notamment les secteurs de Villers-sur-Meuse, les Monthairons, Rambluzin, Benoîte-Vaux…
Il décrit dans cet ouvrage sa vie de médecin, les soins prodigués aux blessés et aux malades, les soins apportés aux morts et décrit en détail sa guerre. Son objectif était alors de documenter la guerre grâce à son journal, ses photographies et ses dessins.

Traces de la grande Guerre.
Vestiges oubliés en Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace – J.S Cartier – Éditions Marval – 1994
JS Cartier est l’un des premiers photographes à se lancer dans le recensement des traces des vestiges de la Grande Guerre de la Belgique à la Suisse de 1984 à 1994. On retrouve les vestiges du Froidmont dans le second volume des trois ouvrages photographiques qu’il a publié sur le sujet :
• Tome 1 : Vestiges oubliés en Belgique, Nord Pas de Calais et Picardie
• Tome 3 : Vestiges oubliés de la Mer du Nord à la Suisse
En dehors du caractère artistique des photographies, ces ouvrages ont le mérite de contenir des prises de vue de vestiges qui ont aujourd’hui disparus ou sont désormais très endommagés.

Mémoire de la Grande Guerre en Lorraine
Stéphane Gaber – Éditions Serpenoise – 1998
Après JS Cartier, Stéphane Gaber s’est lancé lui aussi sur les traces de la Grande Guerre en se focalisant sur la Lorraine. Au cours de la Première Guerre mondiale, pendant quatre ans, la Lorraine a en effet été partagée en deux par une ligne de front qui resta pratiquement stable de la fin de 1914 jusqu’aux offensives victorieuses de l’automne 1918. Cette stabilité a permis aux deux camps de bâtir des infrastructures bétonnées en grand nombre, notamment du côté allemand.
L’ouvrage de Gaber complète ainsi le livre de JS Cartier; Il y évoque également les vestiges particulièrement photogéniques autour du Froidmont.
6- Pour allez plus loin….DES PREMIERES LIGNES D’ALSACE A L’HERBEBOIS
En cours……
7- Pour allez plus loin….DE LA CHAMPAGNE AUX FORTS FACE A METZ

L’aventure du
Cavalier bleu au musée de l’Orangerie
C’est au moment de leur rencontre en 1911 avec Vassily Kandinsky et de la création de l’Almanach du
Blaue Reiter, que leur peinture prend un tournant plus radical, plus stylisé. Franz Marc abandonne la
peinture de plein-air et commence à peindre ses fameux chevaux bleus qui inspirent le titre de la revue. Si Marc co-édite avec Kandinsky l’Almanach, August Macke en réunit les visuels ethnographiques et rédige une étude sur les masques africains. Très actifs, ils collaborent également à l’organisation d’expositions internationales d’avant-garde tout en poursuivant leur propre évolution.
Mobilisés dès août 1914, les deux artistes meurent au front laissant des œuvres inachevés mais
emblématiques de l’expressionnisme allemand. Cet ouvrage réunit les œuvres principales de ces deux
artistes.

La guerre en Argonne – Général Joseph Rouquerol – Payot, Paris, 1937
La critique qui est faite de cet ouvrage dans la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine en 1938 juge de cette étude qu’elle « a le grand mérite d’être très exacte, appuyée sur une documentation solide,bien contrôlée, consultée avec prudence et mise en œuvre avec talent.» En pratique Joseph Rouquerol s’est essentiellement contenté de traduire l’ouvrage allemand Schlachten des Weltkrieges. Band 18 :Argonnen, Stalling, 1927, publié par les Reichsarchiv et qui constitue l’histoire officielle allemande sur la guerre dans ce secteur. Cette traduction, voire ce plagiat, reprend donc un point de vu essentiellement allemand sur la bataille, y compris les erreurs de la cartographie allemande que l’auteur s’est contenté de reproduire (« Ferme » à la place de « Fontaine » par exemple). Ce livre a néanmoins le mérite d’être accessible et de présenter clairement les principales phases de la bataille. Il est encore aujourd’hui l’ouvrage de référence en français, à tel point qu’il a servi de « base », pour ne pas dire plus, à d’autres livres publiés plus récemment. La guerre en Argonne est toujours dans l’attente d’une étude portant sur une perspective franco-allemande…

Le 66e Bataillon de Chasseurs à pied de Vincennes 1914-1918
Feuilles de route de l’ancien sergent-brancardier –
Abbé Joseph Magnien – Almanach du combattant, Paris, 1936
L’abbé Joseph Magnien est à la tête d’une section de brancardiers chargée de récupérer les blessés et
les morts. On l’accompagne également dans les derniers soins donnés aux mourants et aux morts entre
1914 et 1918, dans l’Aisne, la Somme et le Pas-de-Calais jusqu’en juin 1915, puis en Argonne de juillet
1915 à septembre 1916. Il y croise le colonel Arbanère qu’il semble peu apprécier. L’abbé Magnien est
plus tard blessé à Verdun puis au Chemin-des-Dames. Magnien décrit sa vie et celle des soldats dans
l’immédiat arrière-front, entre les lignes et son poste de secours. L’intérêt de ce témoignage est également
de présenter les « frictions » entre une armée française encore très marquée par la séparation de l’Église
et de l’État de 1905 et méfiante vis à vis de la religion, et la recherche de la foi de beaucoup de soldats.…

Carnet de route, suivi de Lettres de Maurice Genevoix et autres documents – Robert Porchon, Thierry Joie – La Table Ronde, 2008
Robert Porchon, frère de Marcel, sous-lieutenant au 106e régiment d’infanterie, fut tué dans l’assaut de la crête des Éparges (Meuse) en février 1915, « la poitrine défoncée par un éclat d’obus ».Dès sa mort connue, sa mère a recopié dans un unique cahier son carnet de route et les lettres que son fils lui avait adressées. Elle a aussi ajouté à cet ex-voto de papier la correspondance reçue, après la mort de son fils, de ses camarades – dont Maurice Genevoix –, de ses chefs, de l’administration militaire et aussi d’anciens professeurs et religieux qui se souvenaient de leur élève. L’ensemble forme un intéressant témoignage sur les premiers combats du 106e RI (Rembercourt-Sommaisne, septembre 1914), sur les débuts de la Guerre de position et sur les premiers combats autour des Eparges. Si, comme beaucoup de carnets de route, celui de Robert Porchon s’interrompt en octobre 1914, la période est complétée par la correspondance adressée à sa famille, dans laquelle Porchon montre de façon précise et très objective son quotidien de jeune officier d’infanterie.Cet ouvrage témoigne également de la ténacité de la famille Porchon à maintenir la mémoire de ces deux frères tués au combat à quelques jours d’intervalle.

Le Sacré Cœur et la Grande Guerre
Alain Denizot – Nouvelles Editions Latines, 1994
À partir de 1915, la dévotion au Sacré-Cœur s’invite sur le front. De nombreux soldats, plongés dans l’horreur quotidienne, adoptent en masse ce symbole de protection. Le Sacré-Cœur brodé sur le drapeau français devient un signe d’espoir pour les troupes et leurs familles. Les couvents de Paray-le-Monial et la basilique de Montmartre expédient gratuitement des drapeaux à ceux qui en font la demande.L’Œuvre des Insignes du Sacré-Cœur, basée à Lyon, joue un rôle majeur : pendant la guerre, elle distribue 12 millions d’insignes, 1,5 million de fanions, 375 000 scapulaires et plus de 32 000 drapeaux. Les lettres des soldats témoignent de leur gratitude et relatent des protections qu’ils attribuent à cette dévotion.Même les officiers ajoutent parfois un drapeau orné du Sacré-Cœur à côté de celui du régiment. Au front, il n’y a plus de place pour les hésitations : la foi devient une force.

Carnets de patrouilles – André Maginot
– Edité par la Fédération Nationale André Maginot, 1964
Député de la Meuse, André Maginot s’engage comme simple soldat en 1914. Devenu caporal au 44e régiment d’infanterie territoriale, il prend la tête d’un groupe de reconnaissance permanent, composé de volontaires, les précurseurs des « corps francs ». Il s’y distingue lors de patrouilles audacieuses près de Verdun et reçoit la Médaille Militaire ainsi que la promotion au grade de sergent. Ses récits sont haletants : reconnaissance prudente, embuscades, replis sous le feu ennemi. Sa guerre s’achève le 9 novembre 1914, lorsqu’il est grièvement blessé devant Maucourt (face aux Jumelles d’Ornes). Ces carnets révèlent le courage d’un homme qui, avant de donner son nom à une ligne de fortifications défensive, fut un combattant de terrain qui privilégiait l’action offensive.

La bataille des Forts, Verdun face à Metz
Alain Hohnadel et Philippe Bestetti – Editions Heimdal, 1995
Après la défaite de 1871, la Lorraine devient un verrou stratégique. Verdun et Metz se hérissent de
fortifications. Mais l’apparition des obus-torpilles en 1885 bouleverse tout : dans les deux camps on
renforce les ouvrages.À Verdun, on recouvre les forts de béton et on installe des tourelles cuirassées. À Metz, les Allemands construisent des « Panzerfesten », des fortifications cuirassées d’une ampleur inédite. Ce livre explique le rôle de ces places fortes, leurs différences et les combats terribles qui les ont éprouvées.

Les troupes de forteresse en Lorraine et en Alsace :
des cratères de Verdun aux galeries de la ligne Maginot 1914-1940
Mickaël Seramour – Editions Sutton, 2017
Après 1870, les troupes de forteresse sont essentielles à la défense. Mais avant 1914, l’idéologie du « tout offensif » les relègue au second plan.
La bataille de Verdun change la donne en 1916 : la fortification redevient vitale. Les « travaux 17 » annoncent la future ligne Maginot, avec des ouvrages enfouis à plusieurs dizaines de mètres. En 1940, ces forteresses abritent des équipages vivant dans un univers souterrain paradoxal : confort et oppression. Ce livre explore leur quotidien et les outils de combat, d’une fiabilité remarquable pour l’époque.


